Question de M. Fouad Lahssaini au ministre de l'Intérieur sur "la menace terroriste" - 5 mars 2008

Publié le par Fouad Lahssaini

27.01  Fouad Lahssaini (Ecolo-Groen!): Monsieur le président, monsieur le ministre, le 21 décembre dernier, la Belgique a connu un état d'alerte de niveau 4, abaissé depuis début janvier au niveau 3, niveau qu'elle conserve à ce jour.

Or, "Le Soir" de ce 3 mars a publié l'interview d'un représentant de la Sûreté de l'État, qui nous livre les déclarations suivantes: "On nous reproche de ne pas avoir donné d'informations lors de l'alerte du 21 décembre dernier, mais c'est parce qu'il n'y avait pas de menace terroriste. D'ailleurs, si cette alerte n'est toujours pas levée, c'est par peur d'avoir l'air ridicules".

Monsieur le ministre, je vous ai déjà interrogé à propos du niveau de l'alerte et ai évoqué cette tension entre la police fédérale et la Sûreté de l'État. Êtes-vous en mesure de confirmer ou infirmer ces propos? Dans l'hypothèse où plus rien ne justifie le maintien d'un tel niveau d'alerte dans notre pays, pourquoi une telle mesure s'avère-t-elle à ce jour encore nécessaire?

27.02  Patrick Dewael, ministre: Monsieur le président, je ne peux que répéter ce que j'ai déjà dit ces dernières semaines sur la menace terroriste. Je souhaite rappeler, une fois de plus, les règles en la matière. Le niveau de la menace est déterminé par l'OCAM, organe créé spécialement à cet effet et ce, sur la base des informations qu'elle reçoit de différents services, légalement obligés de fournir leurs informations.

De même que le gouvernement, je serais un homme politique irresponsable si je niais les menaces. Les propos d'une personne anonyme et prétendue membre de la Sûreté de l'État ne peuvent, heureusement, rien y changer!

27.03  Fouad Lahssaini (Ecolo-Groen!): Monsieur le ministre, je vous remercie pour votre réponse. Je ne crois pas que la personne soit à ce point anonyme. D'ailleurs, il est courant de voir ces deux services exposer leurs tensions sur la place publique. Cependant, je vous rejoins tout à fait lorsque vous dites ne pas pouvoir ignorer des informations annonçant une menace.

Mais lorsqu'un des services consultés disait déjà au mois de décembre qu'aucun élément nouveau n'étant intervenu, le niveau maximal de l'alerte pouvait être levé. Il me semble que la Sûreté de l'État n'est pas un service qui donne des informations à la légère et qui soit inconscient ou irresponsable par rapport aux informations fournies.

Ce que je souhaiterais, c'est que tous les services qui touchent à la sûreté, à la sécurité des citoyens tiennent un même discours ou du moins évitent de déballer ce type d'information sur la place publique. En effet, ces querelles par média interposé sont malsaines et ressemblent davantage à une cacophonie nuisant à cette information dont les citoyens ont besoin.

In fine, le niveau d'alerte vise à mettre les citoyens en garde contre une éventuelle menace. En cas de double discours, le citoyen ne s'y retrouve pas.

27.04  Patrick Dewael, ministre: Cher collègue, ce que vous dites n'est pas correct! Si des gens s'expriment dans les médias de façon anonyme, je n'en tiens certainement pas compte! Je me base sur les informations que je reçois des organes légalement installés dans ce but. J'ai assisté à plusieurs reprises à des réunions en présence des responsables des services.

Si d'aucuns parmi ces services s'adressent aux médias de façon anonyme, dois-je pour autant, en ma qualité d'homme responsable, modifier mon attitude? Ce serait de la foutaise! Vous me reprocheriez alors de prendre connaissance d'une déclaration anonyme dans un journal, sur laquelle je me base. Or, c'est ce que vous me demandez maintenant! C'est complètement irresponsable!

27.05  Fouad Lahssaini (Ecolo-Groen!): Dans ce cas, quel était l'avis de la Sûreté de l'État par rapport à la menace du  21 décembre?

27.06  Patrick Dewael, ministre: Il n'y a pas d'avis de la Sûreté de l'État. Il y a un avis de l'OCAM et cet organisme recueille ces informations, entre autres, par le biais de la Sûreté de l'État.

L'avis, l'opinion ou le point de vue de l'OCAM a été formulé en présence d'un représentant de la Sûreté de l'État.

L'incident est clos.

Commission de l’Intérieur

Chambre des Représentants – mercredi 05 mars 2008

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